Eté

lundi 21 mai 2012

L’ortie, mode d’emploi ou comment s’en piquer et déguster ! Soupe à l’ortie et chèvre frais à la fleur de ciboulette pour bien débuter la semaine...



Pour la plupart des gens, l’ortie fait figure de mauvaise élève dans la catégorie végétale.
A cette disgrâce, une seule raison : Son pouvoir urticant.
Enfant tombant de vélo et finissant leur chute dans un fossé gorgé d’orties, jardinier aguerri ou encore promeneur du dimanche, nous avons tous en tête le souvenir brûlant d’une piqûre d’ortie !

Pourtant comme me l’a dit un jour une grande dame, il n’y a pas de mauvaises herbes, il n’y a que des herbes méconnues.
En effet,  l’ortie mérite d’être connue et reconnue pour la multitude de ses propriétés et côté fourneaux, elle n’est pas non plus en reste !

Aussi, au cours de cette semaine, je vous entraîne avec moi pour une ballade, …au fond de mon jardin ! A la découverte de cette mal-aimée que vous allez bientôt adorer et déguster sous toutes les coutures !
Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, je vous propose de débuter notre semaine avec une petite fiche pratique pour faire les présentations et ainsi apprivoiser cette plante si injustement méconnue et vous donner envie de la déguster sous bien des formes !

- La cueillette -

Où ?
Nul besoin d’aller bien loin !  Ouvrez l’œil, cette plante vivace est partout ! Elle pousse spontanément dans les lieux laissés à l’abandon (le long des murs, dans les chemins, au bord des haies ou dans les fossés), mais aussi et même si ceux-ci sont entretenus, dans les jardins.  Dans tous les cas, assurez-vous que ces lieux soient exempts de toute pollution ou ne soient pas traités, et pour être certains de ne rien craindre, le mieux est encore de les cueillir à la campagne, en bordure de forêt ou encore dans les sous-bois où ils prolifèrent.
Quand ?
La saison :  
De mars à novembre.
Au printemps, l’ortie se récolte avant la floraison (en fleur, l'ortie est plus amère).
Moment de la journée : 
Même si de manière générale les végétaux se cueillent le matin à la fraîche, après la rosée et avant un soleil trop ardent,  il n’empêche que c’est le matin que les propriétés urticantes de l’ortie sont les plus actives. Donc à moins d’être bien équipé pour la cueillette, éviter de le faire le matin. Et si vous le pouvez, privilégiez les jours de pluies ou lorsqu’il fait chaud, cela les rend nettement moins piquantes.

Quoi cueillir?
On ne ramasse que les jeunes pousses, les 4 premières feuilles au sommet de la plante plus tendres et moins amères.

Comment ?
Dans la mesure où l’on  ne ramasse que les jeunes feuilles situées à l’extrémité haute de la tige,  certains s’y risquent à pleine main, en tenant les feuilles entre le pouce et l'index, de part et d'autre de la tige, en serrant puis en remontant la main.  En effet, les poils de la grande ortie étant en majorité obliques et dirigés vers la pointe de la feuille, on ne craint généralement pas de piqûre. Sauf qu’un moment d’inattention et on se laisse surprendre par ses poils urticants ! Alors, comme je ne suis pas une professionnelle de la cueillette d’orties, le plus simple est encore de s’équiper d’une paire de gants en caoutchouc, d’une paire de ciseaux et d’un panier. La cueillette est alors facile et rapide. Pensez aussi à bien vous couvrir afin qu’aucune partie de votre corps ne soit en contact avec ses poils urticants !

- Pourquoi ? -

Les vertus de l’ortie sont multiples que ce soit :
Dans l’environnement : acteur à part entière de la biodiversité
Dans l’agriculture ou pour le jardin : purin
Dans les cosmétiques : en shampoing, on lui attribue la capacité de favoriser la pousse des cheveux, pour fortifier les ongles,
En teinturerie : colorant vert naturel intervenant dans la confection du papier, 
Dans l’industrie textile : Longtemps utilisée dans la confection de vêtement dans de nombreux pays, elle a été supplantée par le coton. Pourtant, certaines marques la remettent au goût du jour comme la marque néerlandaise Netl (ortie en néerlandais) qui l’utilise avec le coton biologique pour la fabrication  de leurs jeans !
On lui prête aussi moult vertus médicinales : Elle intervient dans le soulagement de nombreux maux (calcul rénaux, inflammations des voies urinaires, anémies, douleurs arthritiques ou rhumatismales…).

- Et côté fourneaux ? -

Côté fourneaux, l’ortie n’est pas en reste !
Mieux, elle fait partie des meilleures plantes sauvages à cuisiner !

En effet, elle constitue un aliment de choix notamment pour ses propriétés nutritives :
Véritable concentré de protéines, de vitamines et de sels minéraux, l'ortie est en effet plus riche en protéines (40% de son poids sec) que le soja. 
Elle est aussi équilibrée en acides aminés.
Sa feuille est particulièrement riche en calcium, en fer, en bore (oligo élément), en béta-carotène (pro-vitamine A), en vitamine E, ainsi qu'en vitamine C.
Dans 100 grammes de feuilles d'ortie fraîche, on a la totalité des Apports Journaliers Recommandés (AJR) de calcium et de fer, ainsi que 6 fois les AJR de pro-vitamine A et 4 fois ceux de vitamine C (raison pour laquelle l'ortie est à consommer plutôt le matin ou à midi que le soir).
L'ortie contient les vitamines et minéraux dont la carence est la plus fréquente chez l'homme moderne (ce qui en fait d’ailleurs l'un des meilleurs compléments alimentaires).

Préparation
Nettoyer soigneusement les feuilles (de préférence avec des gants) dans une eau fraîche et vinaigrée.
Ne les laissez pas tremper trop longtemps car la feuille d’ortie s’oxyde rapidement.
Ne gardez que les feuilles intactes, qui ne sont ni souillées, ni grignotées.
Egouttez-les.

Consommation
L’ortie se consomme aussi bien crue (finement hachée) que cuite ou encore séchée !
Et, je vous propose de me suivre cette semaine pour découvrir quelques unes des interprétations possibles…

Conservation
Feuilles fraîches et bien égouttées : 3 à 4 jours au réfrigérateur
En pesto : 1 semaine au réfrigérateur (recouvrir d’un filet d’huile d’olive pour éviter qu’il ne noircisse)
Feuilles séchées : Au minimum 1 an dans un endroit sec.

Côté lecture
Je vous recommande le livre de Linda Louis "L'appel gourmand de la forêt" véritable bible de la cueillette sauvage (dont certaines informations de ce billet sont tirées) ainsi que celui d'Anne Brunner "Ortie et Pissenlit", tout deux aux éditions La Plage.


Alors, pour débuter cette semaine ortistique,  je vous propose une petite soupe qui j’en ai bien peur est plus que jamais d’actualité !


 

Soupe d’ortie et chèvre frais à la fleur de ciboulette




Ingrédients pour 2 personnes
300g d’orties fraîches
2cs d’huile d’olive
66cl de bouillon de légumes (ici bouillon de légumes Ariaké)
1 oignon rouge
Fleur de sel
Poivre blanc
50g de fromage de chèvre frais
Quelques fleurs de ciboulette

Faire bouillir de l’eau et y laisser infuser 2 sachets de bouillon Ariaké durant 10mn
Nettoyer vos feuilles d’orties dans de l’eau fraîche et vinaigrée.
Dans une cocotte en fonte, faire suer votre oignon ciselé dans 1cs d’huile d’olive durant 10mn, sans le colorer.
Ajouter vos feuilles d’orties essorées, ainsi que le bouillon. Porter à ébullition et laisser cuire pendant 5mn.
Mixer finement, saler et donner un tour de moulin de poivre blanc.
Privilégier le poivre blanc comme par exemple le muntok de Roellinger ou celui de chez terre Exotique, le poivre blanc plus fin  se mariera parfaitement à votre soupe.
Mélanger votre fromage de chèvre frais avec les fleurs de ciboulette émiettées et 1cs d’huile d’olive.
Server votre soupe accompagnée du fromage de chèvre à la ciboulette présenté sous forme de quenelle ou émietté dans la soupe selon vos envies.

8 commentaires:

Tiuscha - Saveur Passion a dit…

J'aime bien l'associer à l'oseille (en dehors des livraisons de mon père, j'en ai très peu, plus de quoi faire une sauce qu'une soupe, alors avec de l'ortie en plus et hop !)
Jamais testé pour les cheveux, tu as une recette ? Juste une infusion ?

ça sent beau... a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Anonyme a dit…

c'est pas de l'otie sur les photos !!!

Anonyme a dit…

ça ressemble plus à la Ballote noire ou à une autre Lamiacées ;-)

Gourmandises Chroniques a dit…

Il s'agit pourtant bien d'orties :-)

Anonyme a dit…

Effectivement sur les photos on dirait plutôt du Lamier (tout aussi comestible donc aucun risque).

Sophie a dit…

Merci pour votre article didactique. L'article est vieux mais pourtant la recette est intemporelle. Il faut juste attendre que l'hiver ne revienne pour pouvoir profiter. En ce qui me concerne je connaissais la soupe à l'ortie, mais je n'avais pas pensé à y ajouter du chèvre frais.
Merci encore et bonne continuation.

résé a dit…

demain, je fais un pâté!!! ;)

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